Le noir se répète et peu à peu je disparais sous ma tête. Je suis rentrée en moi et mon coeur qui bat m'a salué. J'aurais voulu lui dire à quel point je fais tout pour éviter qu'il souffre. Mais mes barrières ont l'air vieilles, plus fragiles, j'ai l'impression qu'un seul de ses souffles pourrait les balayer. Ce serait facheux de mettre mon coeur à nu, sans défense. Alors je prends une brique et je recommence. Une à une, je les colle pour fonder une nouvelle muraille. T'inquiètes pas petit coeur, si je dois suer pour te protéger, je le ferais. Boum Boum. Que dis-tu ? Boum Boum. Quoi ? Tu te fous de moi ? Boum Boum. La liberté ?! Je laisse tomber une brique tellement je suis étonnée. La liberté de quoi ? Boum Boum. D'aimer ? Mais t'as perdu trop de sang mon cher, tu dérailles ! Je fais tout pour te protéger de ce monde extérieur pourri et toi tu me réclames la liberté d'aimer. Ne t'ais-je pas déjà transmis le message nerveux qui te disait qu'aimer c'est souffrir. Boum. C'est ça fais la gueule, qu'importe. J'en ai rien à foutre des autres coeurs, ils peuvent aimer tant qu'ils veulent mais qu'ils viennent pas nous foutre leurs larmes sur la gueule quand enfin ils auront ouvert leur petites veines d'intelligence pour voir que l'amour sans souffrance n'existe pas. Tu ne veux quand même pas devenir comme ces pleurnichards naifs ? ... Mon coeur, s'il te plait, reprends ta raison, n'abandonnes pas ta force, ne plonges pas ! Par pitié, fais le pour moi. Tu sais très bien que si tu te laisses aller, ce sont mes yeux qui vont pleurer. Boum Boum. Essayer quoi ? Boum Boum. De vivre ? Mais y'a longtemps que je suis morte, mon cher. Boum Boum. Pourquoi tu bats alors ? Ahah. Pour le reste, pour le corps et le cerveau. Tu sais combien ils seraient pas contents là-haut de ressentir des sentiments ! Tu te souviens pas la dernière fois, quand par je ne sais plus quel mystère, la muraille s'était effondrée et que tu avais éprouvé toutes sortes de sentiments. Là haut, ils ont été chamboulé de voir apparaitre de la joie, de la colère, de la peine et j'te dis même pas la crise qu'ils ont eu quand ils ont vu l'amour arrivait en quatrième vitesse. On a failli y passer, mon cher. Laisses tomber tes idées bohèmes. Boum Boum. Faire grève ? Mais qu'est-ce que tu veux dire par là ? Boum. Tout stopper ? Non mais ça va pas l'aorte ! Boum Boum Boum Boum Boum. Calmes-toi ! Non, arrêtes ça tout de suite !
Je me souviens encore de ce moment, j'ai senti comme une explosion en moi, comme si mon coeur avait poussé un énorme hurlement qui aurait retentit dans tout mon corps. De la rage pur, il voulait y croire et je l'avait trop longtemps enfermé. Je ne m'en suis rendue compte que trop tard. La barrière que je venais de rétablir a explosé en morceau et je l'ai vu. Là, grand et fort à chaque battement. Je crois qu'il m'a souris et il m'a dit quelque chose que je n'ai sur le coup pas compris. J'ai été rapatrié à l'extérieur et depuis, je vis.
La lumière crée une obscurité dans laquelle je me fonds.
C'est pas comme si j'avais oublié ce faux son.
Electrique statique qui creuse une
galaxie stalactique dans mon poumon.
Putin. C'est tellement fantastique. Et tellement con.




